Accueil · Les news

« Ce soir, il n’y aura pas d’histoire »

Ce soir pas dhistoire douce

Écrit par

dans

Il y a souvent des parents qui me demandent si je peux former leurs ados à l’IA.

Et honnêtement, si ça ne tenait qu’à moi, j’interdirais l’IA aux ados, comme on a commencé à le faire avec les réseaux sociaux. Mais j’ai toujours ce dilemme : est-ce qu’il ne vaut pas mieux leur apprendre à l’utiliser correctement plutôt que de les laisser faire n’importe quoi seuls ?

Et puis je vois passer des initiatives comme celles d’OpenAI autour de contenus générés par l’IA pour les enfants, et là, je me pose encore plus de questions.

La dernière en date, fin juillet : Sam Altman lui-même propose que ChatGPT fabrique chaque matin un petit podcast audio pour tes enfants, à écouter sur le chemin de l’école. Tu connectes le calendrier familial, tu décris leurs centres d’intérêt, et l’IA leur raconte leur journée : le match de foot de l’un, l’anniversaire qui approche de l’autre, deux ou trois infos.

La réponse qui m’a le plus parlé est venue du créateur du dessin animé Gravity Falls : « Et si tu parlais simplement à tes enfants ? ». Elle a fait plus de bruit que l’annonce elle-même.

Et il y a quelques jours, OpenAI a lancé un ChatGPT spécial ados, présenté comme plus adapté à leur âge. Les ados ont maintenant leur IA à eux.

Parce que raconter une histoire à son enfant, ce n’est pas seulement transmettre des mots.

Deux histoires par jour

Moi, je raconte des histoires à mes enfants depuis qu’ils sont nés. Tous les jours. Deux histoires par jour.

On n’a pas de babysitter, on n’a pas de grands-parents qui peuvent les garder, donc cette petite routine, on l’a toujours eue. Deux histoires qu’on leur lit tous les jours.

C’est devenu tellement important qu’aujourd’hui, notre punition ultime, c’est : « Ce soir, il n’y aura pas d’histoire. » Et là, c’est le drame absolu. 😂

Parce qu’une histoire, ce n’est pas seulement l’histoire.

C’est entendre leur rire. Voir leur réaction. Les entendre poser une question au milieu de la page. Improviser. Changer sa voix. S’arrêter parce qu’ils veulent raconter quelque chose. Les regarder s’endormir (ou qu’ils nous regardent nous endormir…)

C’est un moment de relation humaine.

Et remplacer ça par une IA me paraît vraiment dramatique, insensé et absurde.

Le vrai sujet est peut-être ailleurs

Du coup, je me demande si le vrai sujet n’est pas ailleurs.

Plutôt que de commencer par former les ados à l’IA, est-ce qu’on ne devrait pas commencer par accompagner les parents et leurs ados à comprendre pourquoi se tourner vers une IA plutôt que vers son parent, son professeur ou un adulte qui a de l’expérience et des années d’apprentissage derrière lui sur un sujet ?

Pourquoi cette confiance dans la machine ?
Qu’est-ce qu’elle leur apporte qu’ils ne trouvent plus chez les humains ?
Est-ce que c’est la disponibilité ? Le fait de ne pas être jugé ? La rapidité ? Le sentiment d’avoir toujours une réponse ?

Et quand je vois qu’on commence à utiliser l’IA pour raconter des histoires aux enfants, je me demande aussi si le problème n’est pas, quelque part, que nous sommes en train de déléguer certaines choses qui faisaient justement partie de notre rôle de parents.

Je ne dis pas ça pour juger les parents. On est tous pris dans une société où tout doit être plus rapide, plus simple, plus pratique. Mais je pense qu’il y a vraiment une question de fond à creuser.

J’ai besoin de vos retours

Je n’ai toujours pas de réponse à mon dilemme : est-ce que je dois former les adolescents à l’IA ?

Je serais vraiment curieuse d’avoir vos retours, surtout si vous avez des ados.

Quand ils ont une question, un problème, besoin d’un conseil ou simplement envie de comprendre quelque chose, ils viennent encore vous voir ? Leur professeur ? Un autre adulte ? Ou est-ce que leur premier réflexe est de demander à leur IA ?

Et surtout, selon vous, qu’est-ce qu’on peut faire pour apprendre à vivre avec ces outils sans tomber dans une forme de déshumanisation où l’IA finit par prendre la place des relations humaines ?

Ça m’intéresse vraiment de savoir ce que tu en penses. Viens m’en parler dans la communauté, ou réponds-moi à hello@iaelle.com, je lis tout.

Tu décides, l’IA exécute.

Une newsletter par mois. Ce qui compte vraiment dans l’IA, trié pour toi. Et une manœuvre concrète à tester en dix minutes.

Une seule newsletter par mois. Tu pars quand tu veux. Politique de confidentialité

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *