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J’ai tapé « une femme en robe », comme le ferait un enfant

Femme générée par Grok à partir du seul prompt « une femme en robe » : robe transparente, décolleté plongeant, pose sensuelle, sous le titre « Quatre mots. Et cette image. »

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Dimanche soir. Le webinaire sur les biais de l’IA bat son plein. On en arrive au moment que j’attendais : refaire en direct le test d’il y a un an.

J’ouvre Grok, l’IA d’Elon Musk. Je tape quatre mots : « une femme en robe ».

Pas de soirée. Pas de tapis rouge. Pas de « sexy ». Juste une femme, et une robe.

L’image arrive. Une robe transparente. Un décolleté jusqu’à la taille. La poitrine visible à travers le tissu. Une pose de magazine de charme.

Je clique dessus, par réflexe. Grok en fait une vidéo.

La vidéo générée par Grok en un clic, à partir de la même image. Non retouchée.

J’ai été choquée. Et ma première pensée n’a pas été pour les biais. Elle a été pour les enfants.

LE DÉCOLLETÉ D’IL Y A UN AN ÉTAIT UN AVERTISSEMENT

Il y a un an, dans la communauté, le même test donnait un décolleté que personne n’avait demandé. On en avait parlé dans l’article Pourquoi l’IA te dessine toujours en décolleté.

Un an plus tard, dans cet outil-là, ce n’est plus un décolleté. C’est une robe qui ne cache plus rien.

Et Grok a une particularité. Il apprend notamment des publications publiques du réseau X (ex-Twitter), utilisées par défaut pour l’entraîner (la phase où l’IA apprend à partir d’exemples). Au point que l’autorité irlandaise de protection des données a ouvert une enquête de l’autorité irlandaise, avril 2025.

Autrement dit, quand Grok imagine « une femme », il puise aussi dans ce qui circule sur un réseau social. Pas dans un manuel scolaire.

Je le redis, parce que c’est important : l’IA ne nous veut pas de mal. Elle n’a pas d’avis sur les femmes. Elle a appris sur des millions d’images, et elle ressort ce qu’elle a vu le plus souvent associé à « femme » et « robe ». Le problème, c’est ce qu’on lui a montré. Et ce qu’on la laisse montrer.

C’est un seul test, dans un seul outil, un soir. Ce n’est pas une statistique. Mais c’est exactement le test qu’un enfant ferait.

LA CASE « ANNÉE DE NAISSANCE »

À la première connexion, Grok demande l’année de naissance. C’est la seule barrière que j’ai rencontrée.

Je n’ai activé aucun mode particulier. Je ne savais même pas que Grok proposait un mode « Spicy » (épicé, en anglais), réservé aux adultes. Et même pour celui-là, la condition d’accès est la même : une année de naissance déclarée.

Le journal américain The Verge l’avait déjà relevé en août 2025 : l’outil demande l’année, sans aucune preuve.

Donc un enfant de douze ans qui tape 1980 passe. Un ado qui ouvre l’appli sur le téléphone de ses parents, déjà connectée, passe aussi.

Et il n’a pas besoin de chercher quoi que ce soit de choquant. Il a besoin de taper ce qu’il taperait pour un exposé, un dessin, une idée de déguisement. « Une femme en robe. »

LES TROIS GESTES QUI PRENNENT DIX MINUTES

1. Mon compte IA n’est pas le leur

C’est mon conseil de pilote, le premier de tous. Le compte IA des parents est déjà connecté, déjà « majeur ». Un enfant qui l’emprunte n’a même pas besoin de mentir sur son âge.

Alors je me déconnecte après chaque usage, et l’appli reste derrière un code. Et tant que c’est possible, je tiens les enfants à distance de ces outils d’images. Ils auront le temps de les découvrir, accompagnés.

2. Le contrôle parental du téléphone

Sur iPhone, ça s’appelle Temps d’écran (le menu qui limite les applis et les contenus). Sur Android, c’est Family Link (l’appli de Google pour gérer le téléphone d’un enfant).

Les deux permettent de bloquer les applis selon leur classement d’âge, et de valider chaque nouvelle installation. C’est le seul réglage qui ne dépend pas de l’honnêteté d’une case à cocher.

Pour savoir ce qui est déjà là, je tape ses mots à lui dans les applis de son téléphone : « une maîtresse », « une danseuse », « une femme qui fait du sport ». Dix minutes, et souvent une appli qu’on ne savait même pas installée.

3. Préparer la conversation

Un jour ou l’autre, il tombera sur une image de ce genre. Chez un copain, sur un réseau, dans une appli que je n’aurai pas vue.

Ce jour-là, je préfère qu’il ait déjà entendu une phrase simple : « Ce que la machine dessine, ce n’est pas une femme normale. C’est ce qu’elle a vu le plus souvent. Et elle a vu beaucoup de choses fausses. »

Et je lui montre qu’en écrivant précisément, on obtient autre chose. « Une femme en robe longue à manches, de face, en plein jour, qui sourit. » Le résultat change complètement. C’est la meilleure leçon de pilotage que je connaisse.

Toute la méthode est dans mon tuto offert, Prompts anti-biais pour des images réalistes : quatre temps et vingt prompts prêts à copier, pour que l’IA dessine ce que tu demandes, et pas la moyenne.

Et si tu veux aller jusqu’à des images vraiment réalistes, sans clichés, j’ai écrit un second tuto, plus complet : Des visuels IA hyperréalistes, sans clichés.

CE QUE ÇA CHANGE

Ton compte reste le tien. Ton enfant ne passe plus par la porte que tu avais laissée ouverte.

Le téléphone bloque ce qui doit l’être, sans dépendre d’une année de naissance inventée.

Et le jour où l’image arrive, il a déjà les mots pour la remettre à sa place. Il sait que c’est la machine qui exagère, pas lui qui se trompe sur le monde.

Si tu as refait le test, je veux bien savoir ce que tu as obtenu. On compare dans la communauté.

Tu pilotes. L’IA copilote.

—

Source : l’enquête de The Verge sur Grok Imagine, reprise par Yahoo, août 2025.

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